Généralement, on attribue à HINCMAR, archevêque de Reims, la création de l’Hôtel-Dieu vers 850.
Cette institution hospitalière accueillait les malades pauvres et les voyageurs dans le besoin. Le "pauvre", c’était aussi bien le pauvre, au sens où nous l’entendons aujourd’hui, que le malade, l’orphelin, le vieillard, le faible ou le pèlerin. L’accueil de ces personnes était la réponse du chrétien au devoir de charité imposé par l’évangile.
Avant la révolution, les actes des baptêmes et des sépultures survenus en ce lieu étaient transcrits sur des registres particuliers, tout comme ceux d’une autre paroisse de la ville. Les plus anciens registres de baptêmes remontent à 1687, et ceux de sépultures à 1677.
Progressivement détruit après la Révolution, l’Hôtel-Dieu est transféré dans le cadre de l’ancienne abbaye de Saint-Remi à partir de 1827 et jusqu’en 1903, date à laquelle les Sœurs Augustines Hospitalières sont expulsées de l’hôpital de Reims (ex-Hôtel-Dieu) en application de la laïcisation des établissements publics. L’hôpital civil reste à cet endroit jusqu’en 1933.
L’ancien Hôtel-Dieu se trouvait à l’emplacement de l’actuel Palais de Justice, construit de 1826 à 1839 et inauguré le 5 novembre 1839, tout près de la Cathédrale Notre-Dame.
En relevant les mariages civils de la ville de Reims, nous avons remarqué que certaines années, des procès-verbaux de vœux religieux se trouvaient à la fin des registres, avant ou après les tables annuelles. Entre 1809 et 1902, ce sont 61 procès-verbaux qui figurent dans ces registres. Il faut noter qu’ils étaient établis en triple exemplaire : un pour la supérieure de la congrégation, un pour le greffe du tribunal et un pour la mairie.
Pourquoi ces dates?
1902 : c’est la date extrême des registres déposés aux Archives Départementales à Châlons-en-Champagne.
1809 : c’est la date du décret impérial du 18 février 1809 relatif aux congrégations ou maisons hospitalières de femmes. Seules certaines congrégations hospitalières et religieuses sont autorisées : Napoléon ne veut que des congrégations actives et utiles.
Ces cérémonies de vœux religieux sont peu nombreuses. Certaines années n’en comptent aucune, d’autres 1 ou 2, le maximum est 3 en 1880. La première année où apparaît un acte de cette sorte est 1813, et la dernière est 1884.
Une lecture un peu approfondie de ces actes nous permet de déterminer l’origine géographique des religieuses entrées dans la congrégation à cette époque. On notera qu’elle n’est pas limitée à la proximité de Reims, mais que certaines religieuses viennent même de l’étranger.
- 16 jeunes filles sont originaires de Reims même.
- 8 viennent d’autres villes de la Marne : Ay, Châlons-sur-Marne (2), Cormicy (3), Courcy-La Neuvillette, Montbré.
- 3 de l’Aisne : Le Hérie-la-Viéville, Seboncourt, Soissons.
- 17 des Ardennes : Charleville (2), Château-Porcien, Fumay, Gespunsart (2), Givet, Hannappes, Jonval, Launois-sur-Vence, Machault, Mézières, Neuflize, Remaucourt, Rocroi, Rouvroy-sur-Audry, Vandy.
- 1 de Haute-Marne : Chaumont-la-Ville.
- 2 de la Meurthe-et-Moselle : Flavigny-sur-Moselle, Saint-Pancré-et-Bure-la-Ville.
- 1 de la Meuse : Stenay.
- 1 de la Moselle : Amanvillers.
- 2 du Bas-Rhin : Barr, Benfeld.
- 1 du Nord : Fenain.
- 4 de Paris : La Villette (3), ancien 5ème arrondissement.
- 2 du Puy-de-Dôme : Rochefort-Montagne (2).
- 1 du Luxembourg : Marienthal.
- 1 du Würtemberg : Zeil.
- 1 d’Angleterre : Bristol.
Les âges des jeunes filles qui prononcent leurs vœux s’échelonnent entre 20 et 30 ans.
La lecture des actes permet aussi de savoir les noms des supérieures qui se sont succédées, en gardant à l’esprit que certaines années peuvent être inexactes à cause du manque de vœux religieux.
1813-1816 : Jeanne Simonne GERUZEZ.
1819-1844 : Marie Jeanne Nicolle DELIGNY.
1848-1859 : Catherine GROS, qui a prononcé ses vœux le 20-09-1824 à 25 ans.
1860-1871 : Elisabeth Esther BROYE, qui a prononcé ses vœux le 17-06-1828 à 25 ans.
1872-1881 : Rose Emélie MAUCLERE, qui a prononcé ses vœux le 22-10-1844 à 21 ans.
1884 : Rose Zelina MICHEL, qui a prononcé ses vœux le 18-05-1863 à 26 ans.
Parmi les supérieurs ecclésiastiques, on notera :
1813 : Robert Marie RONDEAU (vicaire général)
1814-1816 : Nicolas Martin DOMBRY
1819-1822 et 1826-1828 : Jean Baptiste Remy THIERRY
1824 et 1833-1837 : Etienne BLANQUET de ROUVILLE (évêque)
1838-1842 : Claude Joseph MAQUART (vicaire général)
1844-1857 : Thomas Marie Joseph GOUSSET (cardinal archevêque de Reims)
1848-1850 : Joseph REGNART (vicaire général)
1852-1860 : Jean Baptiste THUILLIER (vicaire général)
1863-1867 : Pierre Claude BOUCAUMONT
1871 : François Aimé QUERRY (vicaire général)
1872 : Jean François Anne Thomas LANDRIOT (archevêque de Reims)
1875-1876 et 1878-1881 : Louis Victor TOURNEUR (vicaire général)
1877 : Benoît Marie LANGENIEUX (archevêque de Reims).
Voici la liste des religieuses qui ont prononcé leurs vœux à Reims au XIXème siècle. Les noms surlignés en bleu sont ceux des religieuses qui sont devenues supérieures par la suite.